Viol conjugal

Selon plusieurs associations, une femme sur quatre en Belgique a déjà été contrainte à un acte sexuel de la part de son conjoint. La question du viol conjugal est bien sûr celle du consentement entre partenaires et celle du devoir conjugal. Le droit a longtemps pris pour acquis une présomption de consentement dans le couple.

Violences sexuelles

Les violences sexuelles regroupent toute atteinte à l’intégrité sexuelle. La violence sexuelle ne s’exprime pas toujours de manière brutale par l’usage de la force. Dans certains couples, un des deux partenaires va se sentir obligé.e d’avoir un rapport sexuel parce que c’est son « devoir » de partenaire. Or, c’est aussi une forme de violence sexuelle que de se sentir obligé (même implicitement) d’avoir un rapport sexuel. Le devoir conjugal n’existe pas!

Enfin, notons que le viol entre marié.e.s est condamné par la loi et définit par l’article 375 du code pénal belge comme : « Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit et par quelque moyen que ce soit, commis sur une personne qui n’y consent pas ». La notion de violence sexuelle recouvre toutefois de nombreux actes divers parmi lesquels : l’attentat à la pudeur, le frottement à caractère sexuel, montrer ses parties génitales, se faire déshabiller, l’obligation de se livrer à des attouchements, à parler de sexe, à se masturber, à regarder l’autre se masturber, à regarder des films et vidéos à caractère sexuel, à poser nue, à pratiquer le sexe oral et/ou le sexe anal, … 

Que dit l’Islam

Le viol conjugal a déjà été justifié par une mauvaise interprétation du verset 223 de la Sourate 2 qui dit : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour, allez à votre champ comme vous le voulez et œuvrez pour vous-mêmes à l’avance. Craignez Allah et sachez que vous le rencontrerez. Et faites gracieuses annonces aux croyants ! ». Souvent on s’arrête à la première phrase de ce verset, or le passage « œuvrez pour vous-même à l’avance. Craignez Allah » a son importance pour montrer que l’acte ne peut faire l’objet d’impulsion et de précipitation. Sans compter que le prophète rappelle aussi « Qu’aucun de vous ne se jette sur son épouse comme l’âne sur son ânesse ». Et aussi cet autre hadith du prophète : « Le plus parfait des croyants est celui qui a la meilleure conduite. Les meilleurs d’entre vous sont ceux qui sont les meilleurs avec leurs femmes » (hadith, Tirmizi).
Selon la sunna, le témoignage de la victime violée suffit pour faire mettre en accusation le violeur. S’il est jugé coupable, il risque une lourde peine. La femme est quant à elle libre et n’encourt aucune sanction. En effet, et on ne peut le nier, il y a malheureusement un grand décalage entre les textes et la réalité. Les femmes restent les premières victimes de rejet ou de crimes d’honneur et sont souvent accusées d’avoir provoqué l’homme. La plupart du temps, les hommes ne sont pas arrêtés pour leur crime ou alors très vite relâchés.

Sources :

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