Traditions

Il peut y avoir un décalage entre la « théorie » ou les textes et la « réalité », une certaine schizophrénie entre les différentes interprétations, les applications des textes et entre cultures, traditions et religion.

Cérémonies du Tasfih

Le tasfih / rbat est une pratique traditionnelle pour les jeunes filles qui existe toujours en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Ce rituel du « vagin fermé » concerne les jeunes filles avant la puberté. Les filles sont emmenées chez une qabla (sage-femme traditionnelle) et doivent répéter sept fois « wald el nas khet wa ana haït ». Cette phrase est hautement sexualisée et symbolise l’incapacité de la nouvelle marbouta (nouée) – msakra (fermée) à avoir des relations sexuelles en dehors du mariage. Elle ne peut être annulée qu’avant le mariage et en disant «wald el nas haït wa an khet».

Le tasfih est considéré comme un moyen de protéger les jeunes filles et les futures jeunes femmes de la perte de leur virginité. Cette pratique entraîne de graves problèmes physiques ou psychologiques. AWSA-Be dénonce et se bat contre ce genre de rituels qui est une forme de violences génitales.

Mutilations Génitales

Le Coran ne fait pas mention des MGF dont les racines remontent à l’époque préislamique et préchrétienne. L’excision comme tradition nocive pour la santé (sexuelle) des femmes est encore d’application dans le monde. En ce qui concerne le monde arabe, l’Egypte a un très grand taux de prévalence, mais aussi l’Ethiopie, le Yémen, dans les communautés kurdes en Irak ou en Syrie.… Aujourd’hui, les dégâts de l’excision sur la sexualité des femmes/jeunes filles sont connus.

« Si ces mutilations sont si répandues en Égypte, c’est qu’elles sont pratiquées par les musulmans et les chrétiens et que le gouvernement les a longtemps ignorées sinon encouragées. En outre, quand cette pratique a été interdite, en 2008, les familles se sont de plus en plus tournées non plus vers des sages-femmes traditionnelles, mais vers des médecins (qui continuent de le faire clandestinement), ce qui a quelque part « légitimé » l’acte. L’excision implique la religion, la culture et le gouvernement. Ce trio – l’État, la rue, et la maison – opprime la femme, et les MGF en sont la parfaite illustration. L’État a eu beau les interdire, cela n’a rien changé – l’an dernier, un médecin a été condamné pour la première fois. Et c’est bien pour cela que je dis que la révolution doit être sexuelle », a expliqué Mona Eltahawy dans une interview.

AWSA-Be a produit en partenariat avec le GAMS un outil où nous avons choisi de mettre en avant des femmes originaires du monde arabe, afin de déconstruire l’idée que les MGF concerneraient uniquement les femmes d’Afrique subsaharienne. Découvrez 11 parcours de femmes inspirantes dans la lutte contre les Mutilations Génitales Féminines.

Typologie des MGF:
Type 1: Ablation partielle ou totale du clitoris et/ou du prépuce (clitoridectomie).
Type 2: Ablation partielle ou totale du clitoris et des petites lèvres, avec ou sans excision des grandes lèvres (excision).
Type 3: Rétrécissement de l’orifice vaginal avec recouvrement par l’ablation et l’accolement des petites lèvres et/ou des grandes lèvres, avec ou sans excision du clitoris (infibulation).
Type 4: Toutes les autres interventions nocives pratiquées sur les organes génitaux féminins à des fins non thérapeutiques, telles que la ponction, le percement, l’incision, la scarification et la cautérisation.
Source: classification proposée par l’OMS

Sources :

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