Sexe et Islam

Poser la question de la sexualité dans l’islam revient aussi à aborder des points comme les conditions de la femme, l’égalité, les libertés individuelles ainsi que les principes et réalités juridiques qui sous-tendent ces thématiques. Il peut y avoir une certaine schizophrénie entre les différentes interprétations des textes et leurs applications par les musulman-nes qui proviennent en fait davantage de la culture, des traditions que de la religion.

La dimension spirituelle

En 1975, l’écrivain tunisien Abdelwahab Bouhdiba expliquait dans Sexualité dans l’Islam combien le sexe était compatible avec les éléments essentiels de la foi musulmane et comment la dimension spirituelle du sexe avait disparu au fil des années. Le Coran compte en effet plusieurs passages où le prophète encourage les plaisirs sexuels entre mari et femme. L’auteur rappelle combien l’empire abbasside était un lieu de débat religieux animé et d’interprétation indépendante, une époque de zénith culturel pour une civilisation arabe confiante et créative où l’on parlait de sexe ouvertement. L’Encyclopaedia of pleasure, de Ali ibn Nasr al Katib couvrait ainsi toutes les pratiques sexuelles et traitait de l’orgasme féminin.

La révolution du plaisir

Shereen el Feki a parcouru le monde arabe à la recherche de réponses et de projets encourageants.

Le mariage, seule institution reconnue par l’islam

L’Islam encourage les relations affectives et sexuelles dans le seul cadre reconnu qu’est le mariage. Les rapports sexuels y sont considérés comme un acte spirituel, un acte d’adoration et devraient être précédés par une prière ; ils sont donc un don et une grâce offert par Dieu. Dans le cas où le mariage n’est pas encore possible, le Coran prône différents moyens de canaliser ses envies sexuelles : par la piété, le jeûne, l’étude du Coran, la lecture de livres utiles… On voit bien ici toute l’importance de prendre en compte le contexte et de voir comment ces textes peuvent s’adapter à notre nouvelle réalité sociale, qui est notamment celle de se marier plus tard, d’être dans une société hypersexualisée… Ces textes sont donc à lire à la lumière de ces nouveaux enjeux sociétaux.

La virginité et la chasteté

Il est important de distinguer « chasteté » et « virginité ». La chasteté dépasse la virginité physique ; il s’agit d’un état d’esprit, on entend aussi parler de « la virginité de l’âme ». La chasteté consiste donc à adopter un comportement emprunt de pudeur (la virginité pouvant en faire partie). Elle concerne autant l’homme que la femme. Si l’on examine le texte coranique, on ne voit aucune mention de versets prescrivant la « virginité» pour les femmes ou interdisant l’homme d’épouser une femme non vierge. Au contraire, l’injonction de la chasteté concerne autant la femme que l’homme. En effet, dans le Coran, Dieu invite les croyant.es à se préserver en faveur de leur future union et à fuir les relations sexuelles hors mariage. Le contexte est ici très important à saisir, car toute relation sexuelle hors mariage, à cette époque, pouvait se solder, en tout cas avant l’arrivée des moyens de contraceptions, par la naissance d’un enfant illégitime. Ainsi, il fallait protéger la femme au risque de se voir gérer seule l’éducation et le coût de l’enfant, le géniteur refusant la plupart du temps de reconnaître son enfant.

A écouter, un extrait de notre interview de Zina Hamzaoui à propos de la sexualité au sein de l’islam…



Sources :

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