Le clitoris

Le clitoris est le seul organe humain uniquement destiné au plaisir, et pourtant, il a longtemps été ignoré. En effet, après des dizaines d’années de silence, il a fallu attendre 1998 pour qu’il réapparaisse dans la littérature scientifique grâce à l’urologue australienne Helen O’Connell. En 2016, la chercheuse française, Odile Fillod a modélisé pour la première fois un clitoris 3D au complet avec sa partie interne. Et c’est seulement en 2017, qu’il a été reproduit pour la première fois intégralement dans un manuel scolaire en France.

Un iceberg de plaisir

Vu de l’extérieur, c’est un petit bouton mais il ne s’agit que de la partie émergée de l’iceberg. Tapi derrière la vulve, le clitoris est beaucoup plus long. Il a la forme d’un « Y » inversé. Il est doté d’un espèce de bâtonnet surmonté d’un petit gland (ce fameux petit bouton) et doté à l’autre extrémité d’une double arche. Ces deux branches, qui sont des corps caverneux, sont en grande partie responsables du plaisir sexuel ressenti à l’intérieur du vagin. C’est la stimulation de la partie interne du clitoris qui donne du plaisir lors de la pénétration vaginale.

Pourquoi lutter pour une meilleure représentation du clitoris?

Détenir l’information est une source de pouvoir. Lorsque nous maîtrisons la connaissance de nous‑mêmes, ce savoir devient une force. Mais lorsque cette connaissance est détenue par une tierce personne, elle se transforme en poids. Nous reléguons alors notre propre corps à la sciences, aux autorités, à la société dominée par les hommes. Comme l’explique la sexologue Fatima Khemilat, le sexisme a fortement entravé les connaissances sur le clitoris. S’approprier le savoir, c’est se réapproprier nos corps. De nombreuses sexologues – originaires – du monde arabe plaident pour une meilleure connaissance de la sexualité féminine afin que toutes les femmes puissent faire de leur sexualité un outil d’émancipation et non pas un outil de contrôle.

A écouter, un extrait de notre interview de Rihab à propos du corps, du clitoris et du plaisir…



Symbole d’empowerment

La nouvelle génération de féministes veut aller plus loin dans la déconstruction des tabous. Ici, en Belgique, le documentaire « Mon nom est clitoris » met en avant des discussions autour de la sexualité féminine. Daphné Leblond et Lisa Billuart Monet, deux jeunes réalisatrices, ont interviewé douze jeunes femmes entre 20 et 25 ans sur leur parcours sexuel. Elles partagent leurs différentes expériences et leurs histoires dans le but de faire évoluer les mentalités.

Dessine moi un clito

Dans les rues de la capitale, on retrouve de plus en plus de pochoirs de clitoris sur les trottoirs ou sur les murs. Se réapproprier son corps passe aussi par la visibilité de l’anatomie féminine. L’association Dessine-moi un clito a mené différentes actions d’artivisme pour interroger les citoyen.ne.s. Le 22 mai 2019, plusieurs associations belges et françaises ont lancé la première Journée internationale du clitoris devant le Parlement européen.

Sources :

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