Éducation sexuelle, un enjeu clé

L’éducation sexuelle et affective a trop longtemps été abordée sous un angle négatif. Les peurs, les maladies sexuellement transmissibles, les grossesses non-désirées… Mais il n’y a pas que ça, l’éducation sexuelle peut aussi être abordée sous une forme positive et responsable. Chaque personne a le droit et la liberté d’avoir une vie sexuelle satisfaisante et épanouie.

Sex positive

La notion de plaisir nous parait essentielle quand on évoque l’éducation sexuelle. C’est en levant les tabous qu’on peut aller plus loin dans la connaissance de notre corps et de celui/celle du/de la partenaire. Il est important de reconnaître que les femmes ont du désir et du plaisir même si cela ne colle pas à la vision patriarcale de passivité et de chasteté qui domine depuis des années.

Communiquer avec les plus jeunes

Dans un contexte plus communautaire, nombreux sont les parents qui n’ont pas reçu d’éducation sexuelle. Leurs propres tabous culturels peuvent les empêcher de répondre aux questions de leurs enfants qui grandissent ici dans une société très sexualisée. Sans le vouloir parfois, les parents transmettent leurs peurs, leurs tabous. La dissonance entre ce qu’on voit et ce qui est dit peut créer de grandes frustrations. La vie sexuelle des jeunes adultes est liée à l’histoire de leurs parents. Il faut sensibiliser les gens par l’éducation pour casser le cercle vicieux des tabous sexuels.

Ici à Bruxelles, par exemple, Zina Hamzaoui libère la parole en donnant des ateliers aux parents autour de la sexualité de leurs enfants.




AWSA-Be insiste beaucoup sur l’éducation et le dialogue avec les filles comme avec les garçons. C’est effectivement important de travailler aussi avec les hommes pour déconstruire les tabous et créer de véritables changements.

Des féministes arabes déconstruisent les tabous

AWSA-Be dénonce toutes les violences que les femmes continuent de subir sous prétexte de traditions: crimes/violences liées à l’honneur, la pression sociale et communautaire, l’hypocrisie sociale, mariage forcé/arrangé, excision … Heureusement, de plus en plus de femmes luttent contre les violences issues des traditions mal interprétées. Voici quelques rôles modèles à suivre:

Zina Hamzaoui est sage-femme et sexologue de formation. Elle reçoit ses patientes à Bruxelles dans son cabinet CoNaissance. Les femmes viennent la voir surtout pour des problèmes de vaginisme, de baisse de désir, et selon elle, la première raison de leurs difficultés est la méconnaissance de leur corps et l’impact d’une éducation stricte pleine de tabous dans leur enfance et adolescence. Lors de nos weekends résidentiels, Zina a animé des ateliers de sexologie pour déconstruire les peurs et les tabous. Nous l’avons interviewer, le podcast est à écouter ici.

Joumana Haddad a créé le magazine arabe « Jasad » (corps). Produire ce genre de revues, parler crûment de corps et de sexualité permet de mettre fin à ces tabous, de comprendre et de retrouver le pouvoir sur son propre corps. Dans son récit « Le retour de Lilith », l’autrice libanaise présente une ode au sexe féminin en nous montrant comment Lilith est maîtresse de sa sexualité et toute-puissante. Elle casse les rôles et les clichés de la femme « vierge et douce » qui ne connait ni son corps, ni son plaisir.

Heba Gamal Qotb est une sexologue égyptienne et bouscule les moeurs et les traditions sur la sexualité dans son émission télé, intitulée « Kalam Kibir » (Parole pour les grands en arabe), diffusée par Mehwar TV et qui rencontre un grand succès dans le monde arabe. Elle y parle d’orgasme féminin, d’impuissance, de fellation, de masturbation…

Zainab Fasiki est marocaine et lutte à coups de crayon pour briser les tabous liés au corps de la femme dans le monde Arabe. Elle a lancé le projet Hshouma, une bande dessinée et un site internet dédiés à combattre les tabous liés au corps féminin. L’artiste en a marre du viol, du harcèlement, du patriarcat, de l’homophobie, des crimes d’honneur, de la violence sexiste, du jugement social, du contrôle de la sexualité et des corps. Et elle le fait savoir.

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